
Arts numériques
Capsule Collectif, basé entre le 6b à Saint-Denis et le CAP Saint-Fons près de Lyon, fabrique des installations immersives où l'organique dialogue avec le numérique. Le trio — Eve Martin, Antonin Dony et Arsène Prat — explore les mutations du vivant à l'ère technologique, développant une esthétique post-industrielle où câbles et matières organiques se recomposent mutuellement.
Du mapping monumental sur la Basilique de Saint-Denis, le Village olympique à la Nuit Blanche 2024, des performances AV dans les clubs parisiens aux scénographies pour Nostromo, Yoyaku ou Sol-R, le collectif navigue entre exposition ("Présences futures" au Centre d’art de Vienne en écho à la Biennale de Lyon), festivals (DNA Grenoble, Rituel, Mimo, Coucool) et espaces publics. Une pratique protéiforme qui interroge ce que deviennent les corps et les écosystèmes quand nature et artifice entrent en dialogue.
Fonctionnant comme un écosystème, iels associent gestes sculpturaux, langage audiovisuel et compositions sonores. Leurs créations mobilisent aussi bien des outils génératifs et de l’intelligence artificielle que des pratiques artisanales, pour construire des environnements immersifs où images, sculptures et sons s'entremêlent.
Initié par Avec vue, œuvre-manifeste née des contraintes du confinement et basculant du format exposition au film, leur travail interroge les reconfigurations du vivant à l'ère de l'anthropocène. Plutôt que de céder à une vision techno-pessimiste, le collectif élabore une fiction spéculative où infrastructures techniques et matières organiques entrent en dialogue. Câbles, plastiques et dispositifs électroniques ne sont plus relégués au statut de déchets ou d'outils inertes : ils acquièrent une qualité vitale, deviennent porteurs de mémoire et de potentialités régénératives.
Cette poétique de la métamorphose se déploie dans un entre-deux temporel troublant, où l'obsolescence technologique et l'émergence du futur coexistent. Le collectif y forge un imaginaire post-humain qui refuse la rupture pour penser la coévolution, questionnant ce que deviennent les corps, les écosystèmes et les récits lorsque nature et artifice se recomposent mutuellement.



