Actualité des résidents

 


Rencontres photographiques du 10ème

Alexandra SERRANO, “Nesting in the Wolf Tree”.

72 Rue du Faubourg Saint Martin, Mairie 10ème, du 17 octobre au 18 novembre.

Vernissage 17 octobre à 19H.
Nesting in the Wolf Tree aborde une réflexion sur la forêt, espace primaire et originel dont l’immensité provoque l’admiration mais aussi l’appréhension et la crainte. La série débute telle une promenade, une errance à travers les bois pour se transformer peu à peu en un voyage d’initiation et d’émancipation. Porté par la rêverie et le jeu, commence une quête identitaire parsemée d’obstacles, de rituels singuliers et de cachettes secrètes, auxquels se mêlent contes, folklore et croyances populaires.
Les Rencontres Photographiques du 10ème ont pour objectif de donner une visibilité à la création photographique contemporaine sous toutes ses formes, invitant les photographes à investir divers lieux du Xème arrondissement de Paris.
Pour l’organisation de cette 7ème édition des Rencontres Photographiques, la Mairie du 10e s’est associée à l’association FETART, bien connue du milieu de la photographie, notamment à travers le Festival Circulations qu’elle organise depuis 2011.
Plus d’informations dans le dossier de presse.

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 Exposition “Infiltration”
À APDV Centre d’Art, 8 Rue Changarnier.
À partir du 20 octobre.

 

La nature dans la ville, ce sont de petits îlots, sanctuaires pour végétation apprivoisée. Censés donner au citadin une touche d’authenticité, témoignage d’un jardin d’Éden mythique, ces morceaux de nature n’ont rien de naturel. Aurélie Slonina fait apparaître la nouvelle étrangeté de ces entités hybrides, nature entièrement pensée et travaillée par les hommes. Soucoupes volantes ou paysages virtuels de jeu vidéo, la nouvelle nature est devenue surnaturelle. Pourtant, son travail ne nous renvoie pas à un état de nature perdu ou à une nature sauvage, qui aurait existé avant ou en dehors de la ville et de la civilisation humaine. Cette nature vierge de tout artifice n’est qu’un mythe et Aurélie Slonina n’a de cesse de nous montrer les entrelacs compliqués de l’artifice humain et de la nature. Qu’est-ce que la Nature dans cette nouvelle ère qu’on appelle l’anthropocène, où les activités humaines ne prennent plus seulement place dans la nature mais ont commencé d’avoir un effet décisif sur toute la planète ? Botaniste et jardinière urbaine, Aurélie Slonina observe avec fascination et minutie ces artefacts, ces hybrides de nature et de culture humaine. À l’instar de la nature bricoleuse, elle cultive toutes sortes de matériaux pour donner vie à ces objets et nous les donner à voir. À l’heure où les villes du monde se réinventent pour n’être plus l’opposé de la nature, mais cherchent à reconnaître et à développer leur entremêlement avec la nature, en créant des couloirs verts, en favorisant les espèces locales et la biodiversité, Aurélie Slonina nous invite, avec humour, à nous réapproprier notre milieu technologique urbain, fruit de la nature et de l’invention humaine. C’est au sein même des villes qu’il nous faut cultiver la nature. […]

Anne Le Goff / Philosophe / 2015

 

 

À propos d’Aurélie Slonina :

Diplômée d’un DNSEP de l’ENSA de Paris-Cergy et d’un post-diplôme de l’ENSAD de Paris. Elle expose régulièrement en France et à l’étranger, récemment à Los Angeles, à Berlin, en Belgique. Elle a notamment participé aux expositions « Panorama » au Palais de Tokyo, « Less is less, more is more, that’s all » au CAPC de Bordeaux, « Art4lux » au Casino Luxembourg, « Microclimat » au Parc de Rentilly, « D’après nature » au Domaine de Chamarande avec COAL, « Le vivant & l’énergie » à l’INRA de Versailles.


Exposition “Something is happening”

Du 7 octobre au 10 novembre, Galerie Roussard,7 rue du Mont Cenis.

YAM

Young Artists Montmartre

« Something is happening »

Il y a une vibration dans l’air, une émulation créatrice nouvelle. Les murs de la ville se couvrent de réalisations plus personnelles les unes que les autres où chacun exprime son cheminement intérieur à travers des réalisations ad hoc. Ce bruissement artistique nous met en éveil, Julien et moi.Alors que la précédente période artistique semble moribonde, nous passons le cap décrit par Hannah Arendt dans son ouvrage La crise de la culture, où «Les acteurs et les témoins, les vivants eux-mêmes, prennent conscience d’un intervalle dans le temps qui est entièrement déterminé par des choses qui ne sont plus et par des choses qui ne sont pas encore».L’art contemporain était entré dans une «impasse» (Jean-Luc Chalumeau), et on ne cessait d’entendre, en tant que marchand de tableaux : «la peinture est finie», «elle est morte», «le monde va passer à une nouvelle expression artistique». Nous refusions cette fatalité programmée de la mort de la peinture car nous savons combien elle est un besoin vital pour nombre d’artistes.

Nous faisons alors la rencontre de Jaëraymie et de Mr. Renard. Ils nous parlent d’«authenticité», de «vérité». Après la période «sensationnaliste» de cette fin de siècle (expression de Nathalie Heinich), leur vision de l’art est celle que nous recherchons, Julien et moi.Mr. Renard nous ouvre la porte de son atelier. C’est le choc. Il se passe quelque chose. Il nous déroule des mètres de peintures. Un art nouveau, point de convergence entre ce qui a pu être découvert par l’art moderne (cubisme, expressionnisme, action painting…) vient se synthétiser comme modes d’expression assimilés sur des oeuvres où vient se percuter le résultat de vingt ans d’un parcours initiatique fait dans la rue dès l’âge de onze ans.Il fallait attendre que le XXIème siècle s’installe pour voir apparaître une peinture neuve, née de la rencontre entre deux mondes qui évoluaient parallèlement depuis soixante ans : l’art moderne et le street art.En ce qui concerne Jaëraymie, cet art moderne dont il est pétri, est celui de la pop culture, de la typographie, des images iconiques qu’il se réapproprie, soit pour faire des oeuvres à message pour éveiller les consciences, soit des oeuvres humoristiques pour apporter de la légèreté dans ce monde.Il a utilisé la rue comme un porte-voix. Avec ses réalisations «mobiles», il transmet ses messages et son humour de façon plus posée, en galerie, où on prend le temps d’observer, de discuter, de réfléchir.

L’art urbain vient réinventer l’art moderne et en devient son prolongement. La mort de la peinture n’aura pas lieu. Cependant, les nouvelles technologies qui devaient absolument la supplanter ont toutes leur place dans cette nouvelle créativité. Elles en sont un support capital pour bien des artistes, notamment pour Jaëraymie dans certaines de ses oeuvres.La régénérescence de la peinture que nous attendions en tant qu’observateur du monde de l’art est devant nous. Julien et moi décidons de lancer le projet du YAM, un espace dédié à de jeunes artistes.

Nous contactons alors Marion Harduin que nous connaissons déjà depuis plusieurs années. Sa formation est différente. Ayant choisi la voie artistique depuis l’âge de quatorze ans, elle a suivi l’enseignement des Beaux-Arts de Paris. Mais, tout comme Mr. Renard et Jaëraymie, affranchie des courants artistiques passés qui sont intégrés comme faisant partie de sa culture, elle est libre pour créer son propre art. Ses dessins ne ressemblent à aucun autre, à rien de passé ou de présent. Ils sont délicats dans le trait, forts dans leurs sujets et thématiques. Ils parlent de positionnement dans un espace, de sentiment d’envahissement, procurent le besoin de prendre son temps, de s’abandonner à l’imagination, de faire confiance à ses sensations…

Ces trois artistes, bien que très différents en apparence, sont parmi les acteurs de l’art nouveau du XXIème siècle. Notre nouvelle galerie est leur point d’ancrage. «Something is happening», exposition inaugurale du YAM, est celle qui les révèle au grand public.

Sophie Roussard

Marion Harduin